Sortie de route du patron de la F1, Bernie Ecclestone
Au fil des années, la formule 1 est devenue à la course automobile ce qu’est la principauté de Monaco à notre pays, c’est-à-dire un univers essentiellement commercial, vivant de strass et de paillettes et ou les seules règles qui vaillent sont celles du rendement à tout prix.
Il est de ce point de vue emblématique de constater la façon dont a été gérée depuis un peu plus d’un an, le cas du Président de la FIA, Max Mosley.
Ce dernier a connu l’un des plus grand scandales de la décennie après qu’une vidéo de lui (dont je vous fait grâce) ait fait un buzz mondial sur internet, ou on le voyait se livrer à une séance de sado masochisme avec des prostituées, respectivement grimées en gardiennes de camps nazi et en prisonnières…
Peu importe, Monsieur Mosley ne démissionna pas de ses fonctions et resta en place sans que cela ne choque personne dans le milieu de la F1.
Par contre, des évolutions du règlement de la F1 ont eu cette année avec pour effet de bouleverser les classements habituels, avec de grandes écuries (Ferrari, Renault…) qui n’arrivent même plus à attraper les podiums ont eu un effet radicalement différent.
Ainsi, 8 constructeurs se sont alliés au sein d’un groupement dénommé Fota et ont menacés de créer leur propre compétition en marge de la F1. Résultat, Monsieur Mosley a annoncé cette semaine qu’il allait quitter ses fonctions…
Morale ou argent, le résulat est différent…
Le risque financier aurait en effet été trop important pour que les responsables de la F1 et notamment son grand argentier, Bernie Ecclestone acceptent de le courir.
C’est suite à cette agitation et lors d’une interview donnée au Times de samedi que Bernie Ecclestone justement a certainement commis la plus grande sortie de piste de toute sa carrière.
En effet, ce triste sire a généralement pour habitude de limiter son domaine de compétence à ce qu’il sait faire, c’est-à-dire la multiplication des dollars de la course automobile, multiplication qu’il pratique avec une foi qui n’a rien à envier à celle de celui qui multipliait les pains.
Mais voilà que Bernie Ecclestone lors de cet entretien est venu sur un nouveau terrain, celui de la politique, des régimes qui nous gouvernent et sur les qualités comparatives des dictateurs.
Extraits.
«Je préfère les leaders forts», a expliqué le Britannique de 78 ans. La démocratie «n’a pas fait grand bien à beaucoup de pays». «C’est terrible à dire je suppose, mais à part le fait qu’Hitler s’est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j’ignore s’il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d’être efficace». «A la fin il s’est perdu, donc il n’était pas un très bon dictateur», a-t-il fini par admettre !
Lors de cette interview de haut niveau, Bernie Ecclestone a également loué l’efficacité de la poigne de Saddam Hussein et des talibans, dont il regrette qu’ils aient été dépossédés du pouvoir.
La vieillesse est un naufrage disait le Général de Gaulle et j’espère que ces déclarations ignobles sont à mettre sur le compte de la sénilité d’un milliardaire déconnecté de toute réalité.
J’espère surtout que l’ensemble du monde de la F1 condamnera cette sortie et demandera la démission de ce monsieur.
En tout cas, à titre personnel, je continuerai à ne plus regarder des grands prix qui m’ennuient profondément et qui ont en plus le mauvais défaut de contribuer à enrichir encore un peu plus cet homme.


